#ArtTechnologyManagement 14-10-2026

Digital Detox : utopie ou levier de santé mentale ?

La digital detox est-elle la solution face à l'hyperconnexion ? Découvrez les conseils et analyses du Dr. Jean-François Stich - Professeur en Ressources Humaines à ICN Business School - pour préserver votre santé mentale.

Les dommages collatéraux de l’hyperconnexion

A peine de retour des congés, nous voilà déjà désireux de déconnecter. Les e-mails arrivent en continu et s’empilent, les smartphones vibrent et les réseaux sociaux nous happent à l’infini. En moyenne, 70% des e-mails sont consultés en moins de 6 secondes, et nous mettons jusqu’à 15 minutes pour regagner notre productivité d’avant interruption.

Ces interruptions permanentes nourrissent l’hyperconnexion, et font que le travail s’intensifie jusqu’à déborder du bureau et des horaires de travail. L’hyperconnexion engendre donc pertes de productivité et de concentration, de la surcharge de travail, et des conflits vie privée – vie professionnelle. Il est donc tout à fait légitime de chercher à se déconnecter, pour recharger ses batteries et se reconnecter à ce qui importe le plus.

Une digital detox pour déconnecter ?

Face à l’hyperconnexion, la digital detox permet de réduire l’usage d’outils ou d’applications numériques, sur une période choisie, pour rééquilibrer ses relations avec la technologie. Ses modalités sont très diverses : elle peut durer de quelques jours à un mois, porter sur plusieurs outils ou bien quelques fonctionnalités ciblées, se mener au quotidien ou dans des lieux dédiés, parfois même à l’autre bout du monde.

Quelles que soient ses modalités, la digital detox invite à se débrancher. Elle résonne donc avec le droit à la déconnexion, instauré en France notamment. Il est important de garder à l’esprit que cette démarche est volontaire. Le droit à la déconnexion n’est pas un devoir de déconnexion. Il ne s’agit pas de débrancher ses salariés collectivement, sous peine d’engendrer d’autres problèmes de frustration ou de surcharge.

Comment lancer une digital detox ?

A l’échelle individuelle, il est par exemple possible de réduire la fréquence de relevage de ses e-mails, à une fois par heure ou quatre fois par jour. Pour enclencher une dynamique collective, il est préférable de s’abstenir de solliciter ses collègues en dehors des horaires de travail : mieux vaut laisser les messages en brouillon et les envoyer en différé. Un e-mail envoyé le weekend sera reçu et souvent consulté au même moment.

Comme chacun porte ainsi une part de responsabilité, les entreprises pourraient donc plutôt tirer parti d’initiatives collectives, telles que des groupes de parole, des formations, des chartes et des sensibilisations. Expérimenter une journée sans e-mail peut permettre de faire prendre conscience que cet outil n’est pas aussi indispensable qu’il n’en a l’air. Des périodes de « workation » (travail-vacances) permettent aussi de continuer à travailler, mais dans un contexte dépaysant et décontracté.

Bien qu’il puisse sembler difficile de se déconnecter des outils numériques, il suffit d’essayer pour réaliser que la tâche est tout à fait à notre portée.

Pour en savoir plus

Pour continuer à explorer ces sujets, voici quelques travaux de Dr. Jean-François STICH :

Cet article est issu de la toute première édition de Research Takeaway de ICN Business School.

Organisé sur notre campus d’ICN Paris La Défense, le format Research Takeaway donne la parole à nos enseignants-chercheurs pour décrypter, en 45 minutes chrono, les grands enjeux du monde du travail.

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