Collaboration de recherche transversale et multidisciplinaire - Interview avec Klaus-Peter Schulz - ICN Business School ARTEM

Collaboration de recherche transversale et multidisciplinaire – Interview avec Klaus-Peter Schulz

L’axe prioritaire de recherche « développement durable et créativité » au sein du CEREFIGE, laboratoire de recherche en Management de l’Université de Lorraine.

Peux-tu nous rappeler en quoi consistent tes contributions dans le cadre de la coopération avec le CEREFIGE?

Je suis membre du conseil d’administration du CEREFIGE et responsable d’un des cinq axes prioritaires de recherche de ce laboratoire. Celui-ci est lié au développement durable et à la créativité.

Quelles sont tes marges de manœuvre dans ce contexte ?

Occupant ces fonctions à la croisée des chemins entre ICN et l’Université de Lorraine, ma marge de manœuvre est assez grande car je connais les potentiels et les opportunités mais aussi les limites des deux parties.

Comment les deux partenaires définissent-ils les axes prioritaires de recherche ?

Il existe des domaines de compétences et d’intérêt pour la recherche au sein de CEREFIGE, qui est une force motrice ici. Les axes, initiés par ICN, sont au cœur de la stratégie de recherche d’ICN et en conformité avec ses missions. Ainsi, l’axe sur le développement durable et la créativité dont j’ai la charge, reflète le concept et la philosophie d’ARTEM et s’inscrit également dans les activités de la chaire UNESCO ICN sur le développement durable.

« …cet axe reflète le concept et la philosophie d’ARTEM et s’inscrit dans les activités de la chaire UNESCO ICN sur le développement durable …»

Comment sont répartis les rôles entre les enseignants-chercheurs (E-C) du CEREFIGE et ceux d’ICN ?

L’idée directrice de ce partenariat est très simple : chacun fait ce qu’il sait faire le mieux ! Hormis le personnel administratif du CEREFIGE mis à disposition par l’UL, il n’y a pas de rôles prédéterminés. Des domaines de coopération émergent des interactions et discussions entre les membres du laboratoire. De ce fait, la communication à travers les différentes parties prenantes est essentielle. Les collègues de l’UL ont une connaissance plus approfondie du monde de la recherche en France. Avec une vision plus internationale, les E-C d’ICN offrent des perspectives plus ouvertes sur la communauté anglophone. Les deux perspectives se complètent.

« …L’idée directrice de ce partenariat est très simple : chacun fait ce qu’il sait faire le mieux !… »

Peux-tu expliquer le contenu de l’axe qui relève de ta responsabilité ? Quels sont les autres membres de cet axe ?

Notre objectif pour cet axe est de faire passer le thème de la durabilité de l’angle défini par « être respectueux de l’environnement » à une vision plus globale. Ceci inclut la responsabilité sociale, le développement humain ou l’économie circulaire. Pour cela, il est nécessaire de rechercher de nouvelles façons de vivre et de travailler. De ce fait, la créativité et la révélation du potentiel créatif des parties prenantes sont essentielles. Ce lien entre développement durable et créativité (qui devrait au moins conduire à une innovation durable) fait l’objet de peu de recherche. C’est donc un axe transversal corrélé aux autres (santé et soins, esprit d’entreprise, etc.).

Je suis accompagné dans la direction de cet axe par deux collègues : un ICN et un UL. Au total, 20 membres, dont des doctorants, sont affiliés à cet axe. Le nombre de chercheurs affiche une tendance croissante. Pour moi, le rôle de leader consiste surtout à définir le cadre stratégique et à identifier les orientations en matière de financement tout en s’appuyant sur tous les membres de l’axe.

« … faire passer le thème de la durabilité de l’angle défini par « être respectueux de l’environnement » à une vision plus globale… »

Y-a-t-il une approche particulière mise en œuvre par les participants à cet axe de recherche ?

L’axe vit de sa diversité et nous y tenons. Les participants peuvent initier des approches très théoriques ou appliquées ou s’inscrire dans des perspectives économiques générales. Toutefois, des études de cas, souvent réalisées avec des prati­ciens, sont au cœur de nos travaux. L’objectif est de générer des connaissances scientifiques mais aussi de développer des principes directeurs ou des solutions contribuant au développement concret de l’entreprise ou de la société.

Pourriez-vous citer des projets en cours pour cet axe de recherche ?

Ces projets se situent dans les champs de recherche portant sur la responsabilité sociale des entreprises, les moyens de créativité, les stratégies éthiques, les arts et la gestion ou le développement participatif, etc.

Des exemples concrets : université verte et socialement responsable ; numérisation et virtualisation des processus créatifs ; intégration et éducation de diverses parties prenantes pour un processus de développement d’une économie circulaire.

« … L’axe vit de sa diversité et nous y tenons. Les participants peuvent initier des approches très théoriques ou appliquées ou s’inscrire dans des perspectives économiques générales… »

Par quels canaux sont communiqués vos résultats ?

Les canaux sont usuels, le projet étant à ses débuts : des réunions du groupe de recherche interne du CEREFIGE ; des conférences nationales et / ou internationales. En plus, il y a notre conférence bisannuelle sur la créativité organisationnelle (ARTEM OCC). Par ailleurs, des collègues ont commencé à enregistrer des vidéos sur leurs travaux. C’est une bonne initiative. D’autres approches plus expérimentales pour diffuser nos recherches restent aussi possibles.

Quelles sont les perspectives d’avancement des travaux de cet axe ?

Notre stratégie générale consiste à rendre nos travaux plus visibles et accessibles à un large public tant pour les praticiens que dans le monde académique. De ce fait, il faut trouver des formats accessibles à cette cible et mettre en place des canaux permanents de transmission en lien avec notre recherche. Nous avons commencé par des numéros spéciaux de revues et des livres.

Existe-t-il une stratégie axée sur le développement de réseaux ?

Absolument. Les membres de l’axe de recherche et le CEREFIGE dans son ensemble, avec ses plus de 150 chercheurs représentent déjà un réseau en soi. En outre, la communauté d’ARTEM OCC est un réseau international avec des partenaires dans plusieurs pays (Allemagne, Afrique du Sud, Canada, États-Unis, Finlande, Japon). Nous comptons aussi sur la Chaire UNESCO pour élargir nos réseaux.

Une stratégie pour étendre les réseaux consiste à développer des collaborations transfrontalières basées sur des projets communs. Outre les grands projets tels que « Horizon de l’UE », il existe des collaborations bi ou multi latérales entre pays.

Quels sont vos liens avec les autres axes prioritaires de recherche ou avec les différentes chaires d’ICN ?

Comme mentionné ci-dessus, l’axe Développement durable et créativité doit être compris comme transversal. Par conséquent, les autres axes sont examinés à la lumière du développement durable. En outre, un aspect important de la recherche concerne la méthodologie : comment faciliter la créativité et le développement durable, notamment en ce qui concerne l’intégration de divers groupes d’acteurs ? La réponse à cette question est pertinente pour tous les autres axes.

« …Une stratégie pour étendre les réseaux consiste à développer des collaborations transfrontalières basées sur des projets communs… Il existe des collaborations bi ou multi latérales entre pays… »

Vous avez, sans doute, élaboré une politique de sensibilisation par rapport aux jeunes chercheurs ou doctorants. Quelle est-elle ?

Dans ce domaine, l’essentiel se fait par le biais de communications personnelles. Ceci nécessite la mobilisation de tous pour identifier les candidats potentiels. En outre, il est nécessaire de lancer des sujets de thèse en lien avec les thèmes de l’axe. Intégrer les sujets de recherche dans les activités d’enseignement peut attirer des étudiants susceptibles de poursuivre des analyses approfondies là-dessus.

Combien de thèses sont supervisées dans l’axe à ce jour ?

Il m’est difficile d’évoquer les décomptes des travaux supervisés par d’autres collègues car les travaux viennent de démarrer. Cependant plusieurs sont en cours. En revanche, les cinq projets de thèse que je (co) supervise concernent les espaces créatifs, la responsabilité sociale, les processus créatifs utilisant le jeu et la modélisation, le développement durable des universités ou la créativité et l’éthique.

Outre les ressources humaines, quelles sont les ressources affectées par les deux partenaires au développement de cet axe ? Quelles sont vos autres sources de financement ?

Je note comme ressource les réseaux des institutions, importants pour accéder aux connaissances scientifiques mais aussi aux procédures de financement. Les sources de financement sont en cours de développement. Néanmoins, on peut en mentionner deux : FEDER ou l’Université franco-allemande (DFH-UFA). Des demandes ont été adressées à l’ANR et au DFG, son partenaire allemand. Il faudrait en faire plus.

Peut-on tirer un bilan pour l’école et ses E-C ?

J’observe un nombre de participants et un intérêt croissants pour contribuer aux travaux de l’axe et proposer des sujets de discussion et de développement. Je note aussi le soutien et l’intérêt prononcés des directions d’ICN et du CEREFIGE pour l’axe. Ceci s’explique par la transversalité des travaux et la conformité aux demandes et stratégies actuelles de recherche.

« … J’observe un nombre de participants et un intérêt croissants pour contribuer aux travaux de l’axe… ceci s’explique notamment par la transversalité des travaux… »

Biographie

Klaus-Peter Schulz est professeur en stratégie et innovation et directeur adjoint pour la recherche à ICN. Il est également membre du conseil du CEREFIGE. Ses travaux portent essentiellement sur les stratégies et méthodologies du développement durable, de la créativité et de l’innovation. En particulier, il s’intéresse aux méthodologies telles que l’intervention et la modélisation ludiques. Il est titulaire d’une HDR et d’un doctorat de l’Université de Technologie de Chemnitz, en Allemagne. Auparavant, il avait travaillé dans l’industrie pharmaceutique.

 

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